Fondateur et ex-rédacteur en chef d'Arty Magazine, le grand manitou…
Nous avons rencontré Coucou Aurélien, l’illustrateur parisien qui transforme son Instagram en galerie coquine décalée.
Ce n’est pas « Salut » ni « Hello » mais « Coucou » Aurélien. La couleur est annoncée avec cet accueil à la cool, car avec Aurélien, il faut être prêt à voir la vie en rose.
Venu d’un joli petit village breton, l’illustrateur parisien s’est construit patiemment une solide communauté sur Instagram grâce à ses publications quotidiennes inspirée par la culture pop : un emoji pêche réinterprété à sa sauce, un modèle qui s’échappe de son cadre ou un téton montgolfière. Une identité fun, chaude et rigolote.
Comme l’illustrateur s’amuse à le dire lui-même, ses dessins font « rire ou rougir ». Le trait crayonné de ses petits bonshommes est à la fois limpide et texturé, oscillant entre l’héritage de la culture pop et de la BD. Alors, impossible de ne pas penser à Zep. Avec ses trois couleurs fétiches que sont le bleu, le rouge et le rose chair, l’illustrateur décline un Instagram coquin où l’on aimerait se lover pour toujours.
Marin : Hello Aurélien. Peux-tu nous raconter ton parcours ?
Aurélien : Je sors de l’école ECV Atlantique à Nantes. Là -bas, j’y ai appris tout un tas de choses comme l’illustration, la vidéo, la photographie, l’identité visuelle, la publicité…
Je travaille actuellement dans une agence de branding où je continue d’approfondir cette discipline. Je dessine en rentrant le soir et le week-end chez moi pour me vider la tête et créer sans aucune contrainte.
M. : Qu’est-ce qui t’influence au jour le jour ?
A. : Je m’inspire beaucoup de mon quotidien, j’ai une note sur mon téléphone où j’écris des idées à chaque fois qu’elles viennent dans ma tête. Quand je marche dans la rue et que je vois un gamin se prendre en selfie alors qu’il est encore dans sa poussette, quand je flâne sur Instagram et que je tombe sur des p’tits culs, ou quand je masse le dos de ma copine.
M. : Et en terme d’illustrateurs ?
A. : En style graphique, je suis beaucoup inspiré par Jean Jullien, Agathe Sorlet et l’agence motion design Giant Ant.
M. : Le trait rond et l’approche grivoise de tes illustrations me font penser au travail de Zep. Est-ce que la BD est une de tes sources d’inspiration ?
Aurélien : Je redessinais pas mal de planches de Titeuf quand j’étais petit, il y a sûrement quelque chose qui est resté de cette époque dans mon tracé. Autrement je ne suis pas un grand fan de bande dessinée, plutôt de films d’animation. J’ai par exemple adoré le dernier Spiderman New Generation qui est une claque du début à la fin. Et je regarde souvent les projets de fin d’étude des écoles d’animation Les Gobelins, Georges Méliès, L’École Pivaut…
En BD, je conseillerais quand même Fraise et Chocolat d’Aurélia Aurita qui casse les codes de ce qu’on attend d’une « bande dessinée de fille. »
M. : Tu t’es créé une solide fanbase en t’emparant tes codes de la culture pop et web. Tu revendiques cet héritage ?
A. : Je baigne dans le digital comme tous les gens de ma génération, c’est un terrain de jeu intéressant à explorer. Je m’adresse principalement à mon public sur Instagram, c’est pour ça que cet univers lui parle directement.
M. : Qu’est-ce que je peux te souhaiter de cool pour la suite ?
A. : Des expositions à venir ensuite ! Autrement, je travaille au corps Madmoizelle, Arte Radio & Louie Média pour illustrer leurs podcasts. Je suis un boulimique du « balado », le mot québécois pour dire « podcast », j’adore. Ça me plairait beaucoup de mettre en image des aventures humaines, repérer le petit détail d’une histoire et l’illustrer. J’adore par exemple le travail que fait Mügluck pour le podcast Transfert de Slate.
M. : On se quitte avec la question signature chez Arty Magazine. Quelle est ta définition d’un artiste ?
A. : Un artiste est une personne qui s’exprime par le médium qui lui correspond le mieux, ça va de la peinture à l’huile au baby foot.